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Intubation orotrachéale

Introduction :

 

Intubation-ventilation : après chirurgie, aggravation de l’état général

 

= remplacement d’un ou plusieurs organes vitaux défaillants :

  • Aide respiratoire, scope…
  • Equipements indispensables pour la surveillance des patients en réanimation

 

Rôle propre infirmier :

  • Installation du patient dans une position en rapport avec sa pathologie ou son handicap
  • Aspirations des sécrétions d’un patient qu’il soit ou non intubé ou trachéotomisé
  • Recueil des observations de toute nature susceptibles de concourir à la connaissance de l’état de santé de la personne et appréciation des principaux paramètres servant à la surveillance

 

« Je vous entend, j’entends votre inquiétude »

« Nous sommes là, nous vous surveillons, nous allons rester auprès de vous, nous vous informons »

 

Rôle prescrit infirmier :

  • Soins et surveillance d’un patient intubé ou trachéotomisé, le premier changement de canule de trachéotomie étant effectué par un médecin
  • Vérification du fonctionnement des appareils de ventilation assistée ou du monitorage, contrôle des différents paramètres et surveillance des patients placés sous ces appareils

 

L’intubation trachéale :

  • Geste qui consiste à la mise en place d’une sonde par la bouche (intubation orotrachéale IOT) ou el nez (intubation nasotrachéale INT) jusque la trachée
  • Permet une ventilation artificielle
  • Est réalisée par le médecin ou l’IADE

 

Objectifs:

  • Maintenir la perméabilité des voies aériennes supérieures
  • Assurer une ventilation artificielle en cas de défaillance respiratoire
  • Protéger les voies aériennes d’une inhalation de sécrétions grâce à un ballonnet d’étanchéité
  • Assurer oxygénation satisfaisante
  • Assurer une élimination de CO2 suffisante et pH acceptable
  • Diminuer le travail des muscles respiratoires (éviter l’épuisement)

 

⇒La ventilation artificielle nécessite l’accès aux voies aériennes inférieures (trachée)

⇒Plusieurs voies d’accès possibles : masque, sonde d’intubation, canule de trachéotomie

⇒Permet d’assister le patient dans sa fonction respiratoire, lorsque sa respiration spontanée est inefficace ou inexistante

⇒La ventilation doit minimiser ses propres effets délétères

 

Indications :

  • En urgence: défaillances neurologiques, respiratoires, hémodynamiques
    • Détresse respiratoire, œdème pulmonaire grave
    • Coma (défaillance des commandes du système nerveux central, Glasgow < 8)
    • Traumatisme thoracique sévère
  • En programmé:
    • Bloc opératoire (intervention sous AG)
  • SAMU et pompiers en extrahospitalier lors des transports

 

Contre-indications :

  • Pas de contre-indication en cas de nécessité vitale
  • Ne doit être réalisée qu’en cas absolue de nécessité

 

Rôle infirmier :

  • Vérifier le matériel de ventilation dans la chambre (chariot d’urgence, respirateur, ventilation manuelle)
  • Préparer le matériel avant
  • Pendant : aider le médecin
  • Après : surveiller et garantir la sécurité, les soins d’hygiène et de confort

 

Préparation de l’intubation :

  • Matériel de réanimation respiratoire (chariot d’urgence)
  • Plateau d’intubation (laryngoscope, piles, mandrin souple, lames, canule de Guedel)
  • Sondes d’intubation de différents diamètres
  • Dans la chambre :
    • Respirateur vérifié et monté par l’IDE ou le médecin
      • Vérification de la stérilité
      • Réglage des paramètres par le médecin
    • Le chariot d’urgence contient le matériel d’intubation fonctionnel et vérifié
    • Chaque chambre est dotée d’un matériel de ventilation manuelle pour pallier à l’extubation accidentelle ou défaillance du ventilateur
  • Aspiration gastrique en place
  • Voie veineuse fiable et perméable
  • Si possible (sur PM) pose de VVP pour injecter les médicaments nécessaires (car risque de collapsus de reventilation = chute de TA)

 

Technique :

  • Décubitus dorsal
  • Patient monitoré : électrocardiogramme, saO2, PA automatisée
  • Pré-oxygénation au masque chaque fois que possible durant 3 minutes avant de l’intuber (O2 à 100 %)

 

⇒La pré-oxygénation permet d’augmenter les réserves en oxygène qui sont diminuées chez le patient hypoxémique

 

Réalisation du geste :

  • Installation confortable du patient en proclive à 30-45° ou décubitus dorsal selon la prescription médicale
  • Possibilité de contentions sur prescription médicale pour éviter que le patient ne s’extube
  • Visualisation du larynx avec le laryngoscope
  • Une fois la sonde en place :
    • Gonfler le ballonnet puis fixer la sonde d’intubation
    • Après vérification de sa position par le médecin, ventiler en raccordant la sonde au respirateur
    • Surveiller les signes de la ventilation
    • Surveiller les signes de la circulation
    • Prévenir le risque d’extubation accidentelle
    • Vérifier la pression du ballonnet pour éviter la survenue de lésions trachéales

 

⇒L’entretien de la sédation doit être débuté dès la sonde fixée pour limiter le risque de réveil précoce et d’agitation source de complication potentiellement grave

⇒La capnographie permet de vérifier la position endotrachéale de la sonde d’intubation en objectivant la présence de CO2 dans la sonde d’intubation à chaque expiration

⇒La courbe de CO2 doit être observée sur plusieurs cycles consécutifs

 

Positionnement et fixation des sondes :

  • Les dispositifs de fixation des sondes d’intubation doivent être soigneusement et régulièrement vérifiés.
  • La distance de la sonde d’intubation est repérée et régulièrement vérifiée par rapport aux arcades dentaires.
  • Le niveau de gonflage du ballonnet de la sonde d’intubation est régulièrement vérifié (25 cm H2O), par exemple 3 fois/jour

 

Soins et surveillance :

  • Pression du ballonnet : < 30 cm d’eau pour éviter la survenue de lésions trachéales
  • Sédation : débutée dès la fixation de la sonde (limite risque de réveil précoce et agitation)
  • Signes cliniques : « ROSE, CHAUD, SEC »

Rechercher : cyanose des extrémités, marbrures, troubles de la conscience, balancement thoraco-abdominal, des signes sur le scope (saturation, FR)

  • Examens biologiques : GDS PaO2 < à 60 mmHg, PCO2 > 60 mmHg
  • Radio de thorax

 

Soins de sonde d’intubation :

  • Surveiller la vacuité de la sonde car des sécrétions un peu sèches peuvent obstruer la sonde
  • Soins d’hygiène et de confort :
    • Change tous les jours le cordon de fixation et penser à protéger narines et oreilles (pansement hydro-colloïdes)
    • Soins de nez, de bouche, d’oreilles, prévention d’escarres
    • Le raccord annelé, le filtre humidificateur doivent être changés régulièrement

 

Importance de l’humidification :

  • Un air froid et sec favorise la formation de bouchon et d’infection. Il faut donc humidifier l’air inspiré.
  • Elle est assurée grâce à des filtres échangeurs de chaleur et d’humidité placés entre la sonde d’intubation et le circuit du ventilateur
  • Le filtre humidificateur est situé entre le raccord qui est connecté à la sonde d’intubation et les tuyaux qui sont connectés au ventilateur
  • Ils sont changés deux fois par semaine ou plus si souillés de sécrétions

 

Le respirateur :

  • Réalise une ventilation en pression positive
  • Le temps actif est l’insufflation durant laquelle le respirateur envoie le mélange gazeux dans les voies respiratoires
  • Cette insufflation imposée selon fréquence, volume et/ou pression remplace le temps inspiratoire de la ventilation spontanée
  • Elle aboutit à une pression positive dans les voies respiratoires contrairement à l’inspiration spontanée qui provoque une pression négative
  • L’expiration est généralement passive

 

Surveillance du respirateur :

  • Les pressions inspiratoires hautes et basses: alarmes réglées environ 10 cm H2O au-dessous et en-dessous de celle mesurée
    • Pression inspiratoire haute : dépiste une sonde bouchée ou coudée, bronchospasme, pneumothorax, intubation sélective
    • Pression inspiratoire basse : dépiste un débranchement et/ou des fuites
  • Autres :
    • Complications mécaniques
    • Observation des dispositifs

 

Lexique ventilatoire :

  • Volume courant (Vt): volume d’air qui entre et qui sort des poumons à chaque cycle respiratoire
  • Fréquence respiratoire (FR): nombre de cycles respiratoires par minute
  • Ventilation minute (Vmin): produit du volume courant par la fréquence (Vt x FR)
  • Rapport I/E: temps inspiratoire / temps expiratoire
  • Trigger : seuil de déclenchement de l’inspiration = niveau de débit ou de dépression nécessaire au déclenchement de l’inspiration
  • Débit inspiratoire : vitesse d’insufflation du volume courant dans les poumons
  • Pression maximum (Pmax) : pression mesurée par le ventilateur, reflet de pression régnant au niveau des voies aériennes
  • Fraction inspirée en oxygène (FiO2) : concentration en oxygène du mélange inspiré par le patient
  • Pression expiratoire positive (PEP) : pression résiduelle maintenue dans les voies aériennes pendant l’expiration à risque de diminution de la pression artérielle avec cette méthode (+ c’est élevé + la TA diminue)

 

Risques et accidents :

  • Risques vitaux :
    • Arrêt cardio-circulatoire pendant l’intubation
    • Hypoxie, hypotension artérielle
  • Autres risques :
    • Traumatismes dentaires, ou oro-pharyngé éventuellement hémorragique
    • Echec de l’intubation toujours possible : rester en mesure de reprendre ventilation au masque
    • Obstructions : peuvent être dramatiques chez le sujet intubé
    • Infections : très fréquentes et imposent des précautions d’asepsie particulièrement soigneuses dans les soins de ces patients
    • Hémorragies : peuvent être provoquées par des aspirations traumatisantes ou à cause d’un ballonnet trop gonflé à l’origine d’ulcérations trachéales
  • Complications tardives :
    • Laryngites après l’extubation
    • Dysphonie voire aphonie fréquente qui persiste quelques heures à quelques jours
    • Sténose trachéale

 

Conduite à tenir lors d’un incident ou d’une détresse :

  • En cas d’incident dont la cause ne peut pas être trouvée immédiatement :
    • Aspirer pour vérifier la perméabilité de la sonde
    • Ventiler en oxygène pur (FiO2à100%)
    • Suppléer le respirateur par la ventilation manuelle avec l’AMBU
  • Pour tout patient intubé ventilé présentant une détresse vitale : arrêt cardiaque, hypoxémie majeure

⇒Mettre la FiO2 à 100 % + mettre Ventilation Assistée Contrôlée

 

Recommandations :

  • L’intubation du paient hypoxémique est une intubation à très haut risque
  • La ventilation non invasive est la technique de pré-oxygénation la plus efficace chez ces patients
  • En pratique on utilise le masque facial d’anesthésie (ou du BAVU) maintenu par l’opérateur sur le visage du patient en oxygène pur
  • La sédation d’un patient hypoxémique en vue d’une intubation se fait en séquence rapide

 

Ventilation et sédation :

  • La sédation est souvent nécessaire pour :
    • Procéder à l’intubation (associée à une curarisation temporaire)
    • Pour maintenir le patient en ventilation contrôlée dans les situations critiques
    • Pour adapter un patient mal synchronisé avec son respirateur
  • La sédation se fait souvent par une benzodiazepine par voie intraveineuse continue (ex : Midazolam 2 à 6 mg/heure)
  • En général, associée à une analgésie en continu (ex : sufentanil 15 à 30 µg/heure)
  • La curarisation continue est réservée aux patients les plus graves et est strictement réservée aux unités de réanimation

 

Score de RAMSAY :

 

Niveau de sédation

Réponse du patient

1

Malade anxieux, agité

2

Malade coopérant, orienté, calme

3

Malade répondant uniquement aux ordres

4

Malade endormi mais réponse nette à une tape sur la glabelle ou bruit intense

5

Malade endorme avec une réponse faible aux stimulations

6

Pas de réponse aux stimulations nociceptives

 

Ventilation manuelle au ballon :

  • En cas de ventilation visiblement inadéquate du ventilateur
  • Ventilation manuelle grâce à un ballon d’insufflation branché sur l’oxygène
  • Ballon disponible au lit du patient et branché à une source d’O2

 

Aspiration endotrachéale :

  • L’aspiration est un geste traumatique devant être réalisé avec précaution
  • Il faut éviter de débrancher le patient du ventilateur
  • Les aspirations doivent être douces, aseptiques et atraumatiques: l’aspiration s’effectue en remontant
  • Dès que nécessaire
  • La fréquence des aspirations, ainsi que l’aspect et la quantité des sécrétions seront notées.
  • Attention une aspiration = une sonde.

 

Le sevrage de la ventilation :

  • Phase de transition entre la période de ventilation mécanique et la ventilation spontanée permanente,
  • Conduit à l’ablation de la prothèse endotrachéale.
  • Période difficile, de durée variable (plusieurs heures à plusieurs jours)
  • L’épreuve de ventilation spontanée nécessite une surveillance rapprochée
  • Rôle infirmier :
    • Patient informé, rassuré, encouragé
    • Installé en position semi-assise
    • Aspiration trachéale préalable si nécessaire
    • Il existe un dispositif d’humidification des voies aériennes
    • Durée adaptée à la tolérance du patient
    • Surveillance FR, FC, PA, SpO2, clinique
  • Comment savoir si l’épreuve de ventilation spontanée est satisfaisante ?
    • Pas de signe clinique de détresse respiratoire pas de sueur, pas de cyanose, pas d’agitation, pas de trouble de vigilance
    • Pas d’augmentation importante de la fréquence respiratoire (FR < 35/min)
    • Pas d’augmentation importante de la fréquence cardiaque ou de la pression artérielle
    • SpO2 > 90

 

L’extubation :

  • Sur prescription médicale et en présence d’un médecin
  • Après un temps de sevrage ventilatoire (Ventilation spontanée ou en pression assistée sous respirateur)
  • Contrôlée par gazométrie ou saturomètre
  • Prévoir le matériel de réintubation et le chariot d’urgence
  • Prévenir le patient et l'asseoir se laver les mains, mettre des gants et un masque aspirer la trachée, l'oropharynx
  • Rebrancher sur O2
  • Contrôler l’aspiration gastrique
  • Vérifier que le ballonnet est complètement dégonflé (seringue de 20 ml)
  • Surveillance dans les heures qui suivent des paramètres respiratoires et neurologiques (SAT. O2, FR, cyanose, agitation, conscience…)
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