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Les termes usuels en addiction

L’addiction : processus dans lequel est réalisé un comportement qui peut avoir pour fonction de procurer du plaisir ou de soulager un malaise intérieur. Le risque d’addiction résulte de l’interaction entre un individu, le produit et l’environnement. On décrit des addictions avec produit (tabac, alcool, drogues) et sans produits (TCA, addiction sexuelle, travail)

 

⇒L’addiction à une substance est un mode d’utilisation inadapté d’une substance conduisant à une altération du fonctionnement ou à une souffrance cliniquement significative, caractérisé par la présence de deux (ou plus) des manifestations suivantes, à un moment quelconque d’une période continue de 12 mois

  • Le produit est souvent pris en quantité plus importante ou pendant une période plus prolongée que prévu
  • Il existe un désir persistant ou des efforts infructueux, pour diminuer ou contrôler l’utilisation du produit
  • Beaucoup de temps est passé à des activités nécessaires pour obtenir le produit, utiliser le produit ou récupérer de leurs effets
  • Craving ou une envie intense de consommer le produit
  • Utilisation répétée du produit conduisant à l’incapacité de remplir des obligations majeures, au travail, à l’école ou à la maison
  • Utilisation du produit malgré des problèmes interpersonnels ou sociaux, persistants ou récurrents, causés ou exacerbés par les effets du produit
  • Des activités socialises, occupationnelles ou récréatives sont abandonnées ou réduites à l’utilisation du produit
  • Utilisation répétée du produit dans des situations ou cela peut être physiquement dangereux
  • L’utilisation du produit est poursuivie bien que la personne sache avoir un problème psychologique ou physique persistant ou récurrent susceptible d’avoir été causé ou exacerbé par cette substance
  • Tolérance, définie par l’un des symptômes suivants :
    • besoin de quantités notablement plus fortes du produit pour obtenir une intoxication ou l’effet désiré
    • effet notablement diminué en cas d’utilisation continue d’une même quantité du produit
  • Sevrage, caractérisé par l’une ou l’autre des manifestations suivantes :
    • syndrome de sevrage du produit caractérisé (cf. diagnostic du syndrome de sevrage du produit)
    • le produit (ou une substance proche) sont pris pour soulager ou éviter les symptômes de sevrage.

 

L’usage : consommation n’excédant pas 21 verres standards hebdomadaires pour l’homme et 14 pour la femme

L’usage nocif ou abus (ou mésusage) : consommation susceptible de provoquer des dommages physiques, psychologiques ou sociaux pour le consommateur et pour son environnement proche ou lointain. (Sans prise en compte du caractère licite ou illicite du produit)

Exemples : retentissement sur la santé, infractions répétées liées à l’usage du produit, violences, aggravation de problèmes personnels ou sociaux, difficulté à accomplir ses obligations professionnelles ou scolaires, mise en péril de la santé d’autrui (femme enceinte)

 

L’accoutumance (ou tolérance) : le corps s’habitue aux effets du produit au bout d’un certain temps de prise régulière d’une substance psychoactive, et il faut augmenter les doses pour trouver les mêmes effets (tolérance) : l’organisme s’est accoutumé à cette dose.

 

La dépendance : caractérisée par le besoin compulsif du produit et ce en dépit de la connaissance par le consommateur des effets néfastes qu’il aura sur sa santé et sa vie sociale. Asservissement à une substance psychoactive, avec dépendance psychique (sensation de mal-être, dépression sous-jacente, anxiété, angoisse, troubles de l’humeur) et souvent physique (symptômes corporels).

Symptômes corporels liés à la dépendance physique

Opiacés

Sueurs, courbatures, tremblements, nausées, insomnie, agitation

Alcool

Tremblements +++, angoisse, sueurs, comitialité voire délirium tremens

Barbituriques

Tremblements, sueurs, angoisse voire convulsions

Benzodiazépines

Insomnie, douleurs, agitation

Critères de la dépendance selon le DSM IV : elle est brutale ou progressive selon les produits. Elle est installée quand on ne peut plus se passer de consommer, sous peine de souffrances physiques ou psychiques. La vie quotidienne de la personne tourne quasiment exclusivement autour de la recherche et de la prise du produit : elle devient alors toxicodépendante.

 

L’état de manque : apparition de troubles physiques importants voire intenses lorsque l’administration de la drogue est suspendue. On parle aussi de syndrome de sevrage.

 

⇒Signes de manques aux opiacés :

  • Rhinite (nez qui coule)
  • Nervosité, tension assez constante
  • Signes physiques d’impatience (mouvements de jambes)
  • Discours pouvant être assez abrupte
  • Demande pressante de réponse systématique et rapide (« le tout, tout de suite »)
  • Sueurs
  • Mydriase
  • Tachycardie
  • Douleurs localisées surtout au niveau des articulations (genoux, coudes, mollets) se généralisant ensuite
  • Phase digestive (perte de contrôle des sphincters)
  • Signes physiques de manque s’estompant au bout de 7 jours (atteignant leur pic à 3 jours puis disparaissant progressivement ensuite).

 

Les différents produits consommés :

Effet dissociatif

Kétamine

A la base : puissant analgésique – domaine médical

Reste très marginalement consommé

Autrement appelé « spécial K »

Coupe le corps de l’esprit – sensation de sortir du corps

Effet brutal au sevrage se manifestant par des comportements inadaptés

Effet perturbateur

Cannabis

Produit stupéfiant le plus consommé

Principal effet recherché : apaisement musculaire et psychique

Autres effets : antidépresseur, stimulateur (surtout après plusieurs années de consommation)

Impact psychique : comportement psychotique (rires émotivés par ex)

LSD

Produit extrait de l’ergot de seigle

Composant psychoactif et psychogène

Hallucinogène puissant imposant des couleurs très flashies occasionnant des « bad-trip » (état d’angoisse majeur)

Durée d’action très longue

Risque lié aux comportements à risques

Produit berçant le consommateur dans un univers purement imaginaire faisant oublier toutes les contraintes de la réalité

Effet stimulant

MDMA

ou

Ecstasy

Risques : hyperthermie et déshydratation

Effet provoqué : désinhibition

 Effet qui dure quelques heures

TTT : anxiolyse (Loxapac, Valium)

Peut provoquer un « effet rebond »

Cocaïne

Effet rapide (30 minutes) touchant l’ensemble des organes et notamment le cœur

Donne un plaisir plus intense que la MDMA

Provoque un effet de toute puissance

Discours très laborieux en cas de surconsommation

Risque majeur si sniffée : ulcération de la cavité nasale

+ augmentation du risque d’hépatite

Effet dépresseur du système nerveux central

Alcool

Signes physiques de dépendance à l’arrêt de la consommation et au réveil

Risques majeurs au sevrage : crises d’épilepsie, délirium tremens

DT : valium, vitamines, hydratation (IV puis per os)

Δ Laisser en permanence une lumière allumée (ne pas laisser la personne dans le noir)

Héroïne

Annule les effets de manque et la nervosité liée à l’absence du produit

Entraine un effet de dépendance majeur se manifestant par une dépendance physique semblable à la morphine

Entraine également une dépendance psychique très forte et très rapide (2-3 consommations suffisent) pouvant durer plusieurs années après l’arrêt de la consommation

Accoutumance après un certain temps de consommation

Signes de manque non létaux mais difficilement vivables par la personne


 

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