Effet indésirable : « toute réaction nocive et non voulue qui se produit aux posologies normalement utilisées chez l’homme et pour toutes les conditions d’utilisation »
Prise en compte :
Plus ou moins tolérés en fonction :
⇒Suivi et évaluation du profil de sécurité d’emploi du médicament tout au long de sa vie
Techniques de détection des effets indésirables :
Evaluation du rapport bénéfice/risque des médicaments :
2 types d’effets indésirables :
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Effet attendu |
Effet inattendu |
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Mentionné dans le RCP Relations avec propriétés pharmacologiques donc : o EI mis en évidence lors des effets cliniques o EI attendu pour les molécules de la même classe Dose dépendant : o Importance de la pharmacocinétique o Importance des intéractions
Possiblement évitable
Incidence et morbidité élevé Impact sur l’observance
Exemples : · Effet par ingestion de dose toxique : hépatotoxicité du paracétamol · Effet par accumulation (dose seuil) : cardiotoxicité des anthracyclines · Effet pharmacologique principal exagéré : hémorragie des anticoagulants oraux · Effet pharmacologique non recherché : complication des AINS
Détection des EI attendus : · Etudes précliniques o Toxicité (doses et organes cibles) o Mutagénèse o Tératogenèse o Cinétique in vivo (animaux) ou in vitro o Limites : extrapolation des données à l’homme · Essais cliniques o Déclaration de tous les effets indésirables survenus au cours des études o Incidence et types d’effets listés dans la monographie du médicament (Vidal®, référentiel ANSM) o Comparaison à la molécule de référence ou à un placebo o Limites : -Objectif principal = efficacité -Trop peu de patients pour détecter un EI rare (souvent EI inattendu) -Critères d’inclusion et de non inclusion très restrictifs/population générale (comorbidité-coprescription) -Trop court dans le temps (EI retardés) Suivi post-AMM des médicaments |
Effet indésirable dont la nature, la sévérité/intensité ou l’évolution ne correspondent pas aux informations contenues dans le RCP Imprévisible (effet identifié en post-AMM, à distance du développement) Sans relation avec la dose Rare Peut révéler des facteurs de risque
Souvent inévitable
Incidence faible, mortalité possible
Exemples : · Réactions allergiques immuno-médiées : néphropathie immuno-allergique à la fluindione (Previscan®) · Manifestations différées : cancer induit (DES, pioglitazone) · Mécanisme non élucidé : entéropathie à l’olmésartan
Détection des EI inatendus : · Méthodes : Pharmacovigilance : notification spontanée Pharmaco-épidémiologie : études observationnelles (études de cohorte, cas témoins …) · Objectif : Mieux connaitre le médicament, en particulier ses risques éventuels, dans des conditions réelles d’utilisation |
Effet indésirable grave :
Pharmacovigilance : « surveillance, évaluation, prévention et gestion du risque d’effet indésirable résultant de l’utilisation des médicaments et produits mentionnés à l’article L 5121-1 »
⇒Repose sur le système de notification spontanée
Qui déclare :
Comment déclarer :
Toxicologie et dépendance
Toxique :
Toxicologie :
Intoxication aigüe :
Les centres antipoison (CAP) :
Toxico-cinétique :
Intérêts de l’analyse toxicologique :
Exemples d’intoxications médicamenteuses :
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Lithium |
Acte délibéré ou surdosage involontaire (marge thérapeutique étroite) TTT des troubles bipolaires Lithiémie maximale en 1-4h après ingestion (forme simple) en 5-6h (forme LP) En cas d’intoxication aigüe, le pic plasmatique après ingestion peut être retardé jusqu’à 48-72h Pénétration lente dans le SNC (franchit difficilement la barrière hémato-encéphalique ou BHE) : concentration max dans le LCR atteinte en 24-48h Lithium non métabolisé : se retrouve directement dans les urines L’amplitude du pic de concentration ne dépend que de la dose ingérée et de l’élimination urinaire 90 à 95 % de la dose ingérée se retrouve dans les urines ½ vie plasmatique d’élimination moyenne : 24h Tableau clinique très varié : Principalement symptômes neurologiques, troubles gastro-intestinaux : symptômes habituels (doivent faire évoquer le surdosage) · Stades cliniques : o Grade 0 : patients asymptomatiques o Grade 1 : intoxication légère, nausées, vomissements, tremblements, hyper-réflexie, agitation ou léthargie, faiblesse musculaire ou léthargie o Grade 2 : intoxication modérée, stupeur, rigidité, ataxie, hypertonie, changements du tracé de l’ECG o Grade 3 : intoxication sévère : COMA, convulsions, myoclonies, collapsus CV · Thérapeutiques : o TTT correcteur de la déshydratation o Maintien de la diurèse pour élimination rénale du lithium · Charbon activé : ne permet pas d’absorber le lithium àLavage gastrique précoce · Hémodialyse |
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Paracétamol |
Absorption intestinale rapide et directement en corrélation avec la vidange gastrique Pic plasmatique atteint en 1 à 4h Métabolisme hépatique Excrétion dans l’urine sous forme glucoroconjuguée (60-80%) ou sulfoconjuguée (20-40%) ½ vie d’élimination après administration orale : 2h à 2h30 Moins de 4% oxydé via cytochrome P450 transformé en métabolite hépatotoxique
Principal métabolite toxique : N-acétyl-p-quinonimine (NAPQI) conjugué au glutathion rapidement déplété Une toxicité hépatique peut être observée lors de la prise de paracétamol à des doses thérapeutiques chez des sujets avec hépatopathie chronique
· Stades cliniques : o 1 (0-24h) : stade pré lésionnel, pauci symptomatique o 2 (8-72h) : hépatite aigüe toxique, altérations biologiques o 3 (J3-J5) : paroxysme de l’atteinte hépatique, IHC aigüe, défaillance d’organes o 4 : phase de convalescence
· Prise en charge : Charbon actif si dans les 4h suivant la prise d’une dose potentiellement toxique de paracétamol
· Antidote de choix : N-Acétyl cystéine (précurseur du glutathion) |
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Colchicine |
Absorption digestive rapide Pic plasmatique obtenu en 30 min à 2 heures Absorption et distribution dépendantes de l’action d’un récepteur transmembranaire cellulaire (la P-glycoprotéine ou P-gp) Biodisponibilité de la colchicine variant de 24 à 88 % Le foie excrète dans la bile de 16 à 50 % de la fraction absorbée Cette forte excrétion biliaire est à l’origine d’un cycle entérohépatique et représente la voie principale d’élimination de la colchicine Inactivation métabolique impliquant le CYP3A4 et une élimination rénale (de 5 à 20 %) par filtration glomérulaire mais aussi excrétion tubulaire en relation avec la P-gp ½ vie d’élimination : 20 à 40 h Des médicaments inhibiteurs de la P-gp Au niveau cellulaire, la colchicine se lie à la tubuline et ainsi, en empêche la polymérisation. Cette polymérisation est indispensable à la formation di fuseau mitotique et à la constitution du cytosquelette L’activité antimitotique est à l’origine de la toxicité de la colchicine
· Effets toxiques de la colchicine qui sont dose-dépendant : o Après ingestion d’une dose w 0,5 mg/Kg : troubles digestifs (diarrhées, vomissements et douleurs abdominales) survenant 2 à 10 h après ingestion L’intensité des troubles digestifs peut être à l’origine d’une déshydratation extracellulaire o Après ingestion d’une dose > 0,5 mg/Kg : le tableau clinique se complique : Pancytopénie (risque infectieux et/ou hémorragique) Défaillance multi-viscérale avec IR, cytolyse hépatique, CIVD, rhabdomyolyse intense, polyneuropathie, œdème cérébral, SDRA, insuffisance circulatoire réfractaire par choc cardiogénique Le dosage plasmatique ne permet que de valider la réalité de l’exposition La prise en charge des intoxications par colchicine est essentiellement symptomatique En l’absence de vomissements, l’administration répétée de charbon activé est préconisée en raison du cycle entérohépatique de la molécule · L’hémodialyse n’a pas d’intérêt |
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Morphiniques |
· Intoxications fréquentes · Très nombreuses substances dérivées : codéine, tramadol, oxycodone, fentamyl et sufentamil, buprénorphine et méthadone · Circonstances d’intoxication variées : o Surdosage médicamenteux o overdose (taux de mortalité des toxicomanes de 1% / an) o Accidentelle : prise d’un antitussif par un enfant o tentative de suicide · Toxicité majoritairement respiratoire : ralentissement profond de la ventilation · Triade : COMA, dépression respiratoire, myosis (pouvant évoluer en mydriase) · Egalement : globe urinaire, constipation · Possibilité d’OAP · Traitement : o Mise en place d’une ventilation assistée o Antagoniste injectable (Narcan®-Naloxone) En cas de doute sur une intoxication, on peut rechercher la présence de dérivés morphiniques dans le sang et/ou les urines Risque de tolérance pharmacologique (nécessité de progressivement augmenter les doses) et de dépendance (apparition d’un syndrome de sevrage à l’arrêt des administrations d’un agoniste opiacé) Vitesse d’apparition et intensité des symptômes associés au sevrage dépendant des propriétés pharmacocinétiques de l’opiacé
Syndrome de sevrage : o Symptômes : besoin impérieux d’opiacés, agitation, irritabilité, sensibilité croissante à la douleur, digestifs, crampes, douleurs musculaires, troubles de l’humeur, insomnie, signes d’anxiété o Sueur, mydriase, pilo-érection, tachycardie, HTA, bâillements, fièvre
· Prise en charge du syndrome de sevrage : o Utilisation d’un opiacé à ½ vie longue (méthadone) o Traitement symptomatique : psychotropes o Substitution : méthadone, buprénorphine |
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Autres substances donnant lieu à une pharmacodépendance |
· BZD · Médicaments psychotropes · Médicaments codéinés / antitussifs · Etc. |
Pharmacodépendance :
Addictovigilance :