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La dépression

La différents points à connaitre sur la dépression

 

  •  Accepter la dépression comme une vraie maladie

 

La société, les proches, les personnes déprimées elles-mêmes ont longtemps fait l’erreur de porter sur la dépression un regard très négatif et très ambivalent, mais aussi de porter un jugement moral : faiblesse physique, manque de volonté, laisser-aller coupable, auto-complaisance envers ses souffrances

Les dépressions sont de véritables maladies, avec des perturbations biologiques au niveau du fonctionnement du cerveau

 

Les personnes souffrant de dépression doivent être considérées comme habitées d’une souffrance qu’elles n’ont pas choisie, et qui nécessitent aide, soutien et soins

 

Mal invisible, dont le diagnostic repose sur ce que ressent intérieurement la personne, ce qu’elle dit et montre dans son comportement

 

  •  Connaitre et reconnaitre les symptômes de la dépression

 

La maladie dépressive touche la personnalité toute entière : elle frappe non habiletés à agir, elle modifie notre regard sur le monde, elle perturbe nos capacités de contacts avec les autres

 

Les principaux symptômes sont de 4 ordres :

Symptômes émotionnels

Humeur dépressive

Sentiments de tristesse ou de vide voire douleur morale

Presque toute la journée, tous les jours

Accompagnée d’une perte de plaisir et d’intérêt pour les activités quotidiennes

Symptômes physiques

Ralentissement moteur

Perte d’énergie

Parfois tension et agitation

Perturbations de l’appétit (en général diminué, parfois augmenté) et donc du poids

Perturbations du sommeil (en général diminué, parfois augmenté)

Symptômes psychologiques

Sentiment de dévalorisation a nuances variables

Sentiment de culpabilité

Parfois idées de mort ou suicidaires

Symptômes intellectuels

Difficultés à réfléchir (voire véritable douleur à penser)

Difficultés à se concentrer

Difficultés à prendre des décisions

 

Ces symptômes doivent :

-Etre quotidiens

-Durer au moins depuis 15 jours

-Invalider tout ou partie du fonctionnement (relationnel, social, conjugal, professionnel etc.)

-Représenter un changement par rapport à la manière d’être habituelle

 

 

La liste des « A » :

 

Aboulie

Perte de l’initiative motrice entrainant la lenteur et l’indécision

Apathie

Insensibilité, indifférence, absence de réaction

Apragmatisme

Tendance à l’inertie caractérisée par l’incapacité à effecteur complètement des actions

Anhédonie

Perte de la capacité à éprouver du plaisir quel qu’il soit

Alexithymie

Difficulté voire incapacité à exprimer ses émotions et ses sentiments (ni mimiques, ni registre verbale etc.)

Apsychie

Perturbation du déroulé de la pensée caractérisé par de la lenteur

Asthénie

Sensation de fatigue pathologique

Athymie

Absence de toute expression d’affect (ni joie, ni tristesse, ni aucune émotion)

 

La liste des « B » etc.:

 

Bradyphémie

Lenteur du rythme verbal, observé en lien avec le ralentissement de l’activité physique

Bradypsychie

ralentissement du cours de la pensée se traduisant par une lenteur de l’idéation et de l’expression des idées, au maximum par une apsychie.

Clinophilie

Comportement caractérisé par la quête permanente du lit et la position allongée

Inertie

Absence d’activité et d’initiative ne dépendant pas d’un manque de stimulations de l’ambiance

Mentisme

Dévidement pénible et angoissant d’idées et de pensées stériles, principalement durant l’insomnie

Ruminations

  •  Apprendre comment évolue une dépression et quelles sont les étapes du traitement

 

Le traitement s’organise en 3 étapes fondamentales :

Sortie du tunel

Sous l’effet du TTT, la personne commence à se sentir mieux, les symptômes se font moins nombreux et/ou moins pénibles

Elle commence à pouvoir lutter, se forcer à agir, faire des efforts

Cette phase de TTT dure ne moyenne 2 mois

Convalescence

La personne reprend peu à peu une vie normale, même si elle est encore fragile. En cas de difficultés, ou parfois sans raison apparente, les symptômes peuvent réapparaître, même s’ils sont moins intenses ou moins durables qu’au début de la dépression. C’est à ce moment que beaucoup de patients sont tentés d’arrêter leur TTT car ils commencent à se sentir guéris.  Le TTT est dut de consolidation. Son objectif n’est plus d’améliorer l’état du patient mais d’écarter le risque de rechute dépressive. La durée de cette phase peut varier en 4 à 12 mois

Guérison

Après 6 mois à 1 an de TTT médicamenteux au total

Le patient est considéré comme guéri de son épisode dépressif

Il peut alors interrompre progressivement le TTT

Le risque de rechute est limité

 

Une dépression peut durer plusieurs mois, souvent bien d’avantage en l’absence de TTT

Non ou mal traitée, elle récidive plus facilement

 

Les étapes de la dépression et de son traitement :

-Etat de bonne santé

-Dépression

-Début du TTT : disparition progressive des symptômes

-Phase d’amélioration : dure environ 3-4 mois (varie en fonction des personnes)

-Phase de TTT d’entretien : phase la + longue du soin durant 4 à 9 mois

-Fin du TTT : guérison

 

  • Se débarrasser des idées reçues

 

Chez les personnes déprimées :

→Culpabilité (« tout es de ma faute ») : c’est la double peine auto-infligée du fait qu’on ne fait plus face au quotidien et qu’on se le reproche

 

Chez les proches :

→Tristesse excessive (« maintenant il (elle) pourrait se secouer un peu tout de même ») : l’entourage fait souvent preuve de compréhension au début, puis se lasse et s’agace et finit pat penser qu’il s’agit d’une tristesse excessive

 

Dans la société :

→Une sous maladie : la contestation des antidépresseurs est courante, beaucoup plus que celle des antalgiques ou des antidépresseurs. Est-ce à dire que l’on prenne moins au sérieux les maladies traitées par ces médicaments que des « vraies maladies avec des « vraies » signes physiques et des « vrais » traitements ?

 

  • Comprendre les causes de la dépression

 

Origine multifactorielle :

Les dépressions résultent de l’accumulation de plusieurs facteurs : fragilité personnelle (liée au passé, parfois l’hérédité), événements de vie traumatisants, ou usants, avec quelques facteurs déclencheurs

 

Facteurs de risque :

-Certains traits de personnalité : manque de confiance en soi, dépendance excessive envers les autres

-Certains événements de vie : deuil, chômage, soucis matériels importants

-Certaines maladies physiques : surtout si elles sont menaçantes, pénibles ou chroniques (diabète, cancers, polyarthrite, etc.)

-Toutes les formes de souffrances psychologiques

 

Intérêt :

-Comprendre pour éviter une récidive

-Changer ce qui peut l’être dans sa vie, ses relations, sa manière de travailler

-Modifier sa façon de voir, de vivre etc.

 

  • Accepter l’idée d’un traitement

 

Accepter un TTT ≠ Accepter la maladie

 

Aider les personnes à lutter contre le paradoxe classique : souffrance à cause de la dépression mais méfiance envers le TTT

Les personnes déprimées sous-estiment les risques liés à la dépression non soignée et surestime ceux liées aux médicaments

→Les pensées classiques sur soi

→Les criantes classiques sur les antidépresseurs (// dépendance)

 

Les facteurs d’hésitation :

-Le regard sur la psychiatrie et les maladies psychiques : stigmatisation persistante

-La dépression a un début souvent insidieux et progressif : confusion avec un passage à vide ou une baisse de régime

-Le vécu de honte : se vivre et se voir défaillant face aux autres

 

Observance :

Les taux d’interruption d’un TTT antidépresseur sont particulièrement élevés

30 à 70 % des patients interrompent leur TTT dans les premiers mois

45 à 50 % durant les 3 premiers mois

 

Fréquence :

-La dépression est fréquente et avec une composante héréditaire partielle 

-Nombre de nouveau cas par an (incidence) : 1 % des hommes / 3 % des femmes

-Nombre actuel de cas (prévalence) : 2-3 % des hommes / 5-10 % des femmes

-Fréquence du suicide dans la dépression : 10 % des cas

-Concordance entre jumeaux : 40 % pour les vrais et 10 % pour les faux

-Risque si parent du 1er degré dépressif : x 3

 

  • Savoir ce qu’apporte un médicament antidépresseur

 

Bénéfices du TTT antidépresseur :

-Diminution de la souffrance psychique : la douleur morale s’atténue progressivement

-Le retour des capacités à l’action : la reprise progressive du cours de sa vie quotidienne, à savoir se laver, le lever, parler, travailler, sans être épuisé

-La possibilité de retrouver du plaisir : progressivement, l’anesthésie affective s’atténue. La personne redevient capable de ressentir de l’envie, du désir, du plaisir ; les sensations agréables du quotidien se remettent en place

 

Les effets indésirables :

Ils constituent la principale cause d’interruption du TTT par le patient, ils sont réversibles à l’arrêt de l’antidépresseur

→Les signes digestifs, les céphalées, les troubles oculaires

→La sensation de fatigue ou d’énervement

→L’impression d’être « sous médicament »

→La baisse transitoire fréquente de la libido et les dysfonctionnements sexuels

 

Les classes médicamenteuses :

 

Tricycliques (ATC)

ANAFRANIL

TOFRANI

LAROXIL

QUITAXON

PROTHIADEN

LUDIOMIL

Inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS)

SEROPRAM

SEROPLEX

FLOXYFRAL

PROZAC

DEROXAT

ZOLOFT

Inhibiteurs de la recapture de la sérotonine et noradrénaline (IRSNa)

IXEL

EFFEXOR

CYMBALTA

Inhibiteurs de la monoamine oxydase (IMAO)

MARSILID

MOCLAMINE

Autres

ATHYMIL

VIVALAN

VALDOXAN

STABLON

NORSET

 

  • Savoir ce qu’apportent les psychothérapies

 

Ce qu’est une psychothérapie :

-TTT basé sur l’écoute et le dialogue

-Apprentissage de certaines techniques spécifiques : augmenter son bien-être, sa résistance au stress, la confiance en soi, capacité à comprendre et à prendre du recul etc.

 

Ce qu’apporte une psychothérapie :

-Une meilleure compréhension de ce qui a « craqué » en nous (pas à travers l’histoire de vie mais en pointant les facteurs de risque)

-Une meilleure prise de décisions pour éviter une récidive

-Un changement de qui doit l’être en nous comme autour de nous

-Prise de recul et de confiance

 

Le meilleur moment pour une psychothérapie :

→Une fois que l’urgence est passée, à distance de la période dépressive aigüe

 

  • Comprendre comment diminuer le risque de rechutes et de récidives

 

Rechute : réapparition des symptômes dépressifs lors de la période de convalescence

Récidive : nouvelle dépression après la guérison

 

Ce qui augmente le risque de rechutes et de récidives :

-L’absence de prise en charge adaptée de l’épisode dépressif

-La mauvaise prise du TTT antidépresseur

-Persistance des conditions de vie difficiles

-Solitude

-Une autre maladie, physique ou psychique, mal stabilisée ou mal soulagée

-Existence d’autres épisodes dépressifs dans le passé

 

Ce qui évite le risque de rechutes et de récidives :

-Le fait d’avoir bénéficié d’une psychothérapie

-La prise régulière et suffisamment longue d’un antidépresseur (s’il est nécessaire)

-L’implication et la participation active de la personne à la guérison

-Un environnement familial, professionnelle, stable compréhensif et soutenant

 

  • Ce qu’il faut faire : prendre correctement l’antidépresseur

 

Observance du TTT :

Les antidépresseurs agissent lentement (3 semaines en moyenne) : ils ne donnent pas de mieux-être immédiat. Généralement, on ne ressent rien de spécial après les avoir pris. C’est peu à peu que les effets s’installent, jour après jour, semaine après semaine.

Linterruption précoce est un facteur de risque de rechute : attention à ne pas céder aux "bons" conseils de l’entourage ou des amis « Quand est-ce que tu vas arrêter de prendre ces trucs ? »

Lutilisation dun pilulier  peut être recommandé, notamment en début de traitement (surtout si des difficultés de concentration ou de mémorisation existent)

Le traitement antidépresseur est à poursuivre, y compris et surtout si lon a limpression quil « ne fait plus grand-chose » : effectivement, autant on a bien senti, en début de traitement, un effet net sur son moral et son bien-être, autant après quelques mois, l’effet est moins spectaculaire : c’est normal car l’antidépresseur a alors pour but, non par d’aller « encore mieux que bien », mais de consolider le bon état de santé.

 

  • Ce qu’il faut faire : parler de sa dépression autour de soi

 

Intérêts :

-Rester en contact avec ses proches : se sentir moins seul

-Recueillir l’avis de personnes non déprimées sur ce qui nous arrive : se sentir moins coupable

  →Semblable aidant

-Prendre le recul sur des détails dont ont grossit de l’importance

-Etre soutenu et aidé

 

Limites :

-Eviter d’user et fatiguer son entourage avec ses plaintes répétées : il est difficile pour l’entourage d’avoir l’impression de rien pouvoir faire, de se sentir dans l’impuissance

-Ne pas parler que de sa dépression pour ne pas laisser la maladie dépressive parler à notre place

-Ne pas en parler à tout le monde et choisir à qui on en parle

 

  • Ce qu’il faut faire : se méfier de la vision du monde qu’impose la maladie

 

La dépression fabrique des erreurs de logique :

Elle amplifie totalement les difficultés et les noirceurs de l’existence.

Elle pousse à se focaliser sur les problèmes plutôt qu’à en chercher les solutions.

Elle empêche de considérer les aspects positifs des situations.

Elle a tendance à « catastrophiser » : par exemple, quelques mauvaises notes d’un enfant se transforment en échec scolaire, voire en échec social complet.

Elle a tendance à généraliser, et à faire d’un problème ponctuel la preuve d’un ratage global : par exemple « ma voiture ne démarre pas : je n’ai jamais de chance ».

Elle a tendance à ruminer le problème au lieu de passer à laction: si l’on fait passer des tests à une personne déprimée et qu’elle bloque sur une épreuve, elle va s’acharner dessus et y perdre tout son temps, au lieu de passer au point suivant, comme le font les personnes non déprimées.

 

  • Ce qu’il faut faire : recommencer à agir

 

= Mise en mouvement physique

 

Lutter contre le ralentissement dépressif est indispensable :

-Il est dû à des raisons biologiques entravent cerveau et corps

-Il est dû au pessimisme

-Il est dû au négativisme

-Il est dû à l’inaction dépressive qui l’aggrave

 

Pratiquer un peu d’exercice physique :

→L’exercice physique quotidien permet d’améliorer un peu l’humeur 

 

Fractionner les objectifs en sous-objectifs :

→Le but n’est pas de recommencer à réussir, mais de recommencer à agir

 

  • Ce qu’il faut faire : prendre du recul envers ses pensées négatives

 

Débrancher le bruit de fond de ma pensée :

➨ Sans en être vraiment conscient, la personne déprimée est en permanence en train de juger tristement et d’évaluer négativement ce qui lui arrive dans sa vie quotidienne : ce murmure intérieur automatique devient une véritable auto-intoxication.

➨ La dépression appauvrit la perception de l’existence, en tendant à privilégier toujours les hypothèses les plus négatives dans sa lecture du monde.

 

Pratiquer une thérapie cognitive :

➨ Apprendre à repérer et à discuter l’évidence de ces « pensées réflexes ».

➨ Apprendre à les contrecarrer par des pensées plus réalistes.

➨ Augmenter son estime de soi, en se parlant avec bienveillance.

➨ Apprendre à ne pas confondre sa valeur et ses performances.

 

  • Programme personnel : ranimer et cultiver ses liens aux autres

 

= Accomplir un acte social par jour, tous les jours, toutes les semaines

 

  • Programme personnel : planifier un programme d’activités agréables

 

S’assujettir à observer ses activités pour les amplifier

 

Acte

Plaisir (de 0 à 2)

Fréquence (de 0 à 2)

Satisfaction obtenue

 

  • Programme personnel : lutter contre les émotions et les pensées négatives

 

= S’entrainer à noter ses pensées automatiques et les émotions associées

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